Par Vincent Carter et Annie Bélanger Dubois
Pour Congo Intelligence et Star Mania Media

Selon Maître Mukendi Mulumba, avocat à Kinshasa, contacté par Congo Intelligence, la situation entre les communautés kasaïenne et katangaise prendrait une tournure qu’il qualifie de dangereuse.

« Je préfère ne pas avoir la gueule de bois », déclare Maître Mukendi, qui affirme vouloir alerter l’opinion publique sur ce qu’il considère comme une évolution préoccupante de la situation.

Selon les informations reçues par Congo Intelligence par l’intermédiaire d’un cabinet d’avocats de Kinshasa, plusieurs militants des droits de l’homme seraient également préoccupés par cette situation.

Maître Mukendi Mulumba demande au gouvernement congolais d’intervenir et, selon ses propos, de demander à ses « frères du Kasaï » de changer de comportement au Katanga. Il estime que certains comportements des membres de la communauté kasaïenne pourraient contribuer à aggraver les tensions et créer un risque de violences intercommunautaires.

Il a affirmé que la situation pourrait conduire à des violences de grande ampleur contre les Katangais et évoque le risque de « génocide » et de « pogroms ».

Pour illustrer ses inquiétudes, Maître Mukendi évoque notamment un incident qui se serait produit à Lubumbashi, dans le Haut-Katanga.

Selon son Maïtre Mukendi, un locataire originaire du Kasaï aurait eu un différend avec le propriétaire de la maison qu’il louait au sujet du paiement du loyer.

Maître Mukendi affirme que, lors de cette affaire, le locataire aurait appelé la police ainsi que des agents de l’ANR et aurait tenu, des propos affirmant que le pouvoir en RDC et particulièrement au Katanga est « à nous les Kasaiens».

Selon le même témoignage, le locataire aurait préparé un bidon d’essence et a demandé à la police de le ligoter avant de l’asperger d’essence.

UN PASSÉ QUI CONTINUE DE PESER SUR LES RELATIONS ENTRE LES COMMUNAUTÉS

La question des relations entre Kasaïens et Katangais n’est pas nouvelle.

Des organisations de défense des droits humains ont déjà documenté des épisodes de violences et de discours hostiles visant les populations originaires du Kasaï au Katanga, notamment au début des années 1990. Human Rights Watch et la FIDH ont également documenté des discours d’incitation à la haine dans le contexte politique du Katanga en 2011.

Plus récemment, les autorités congolaises elles-mêmes ont reconnu l’existence de tensions intercommunautaires.

En avril 2022, le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde avait lancé à Lubumbashi une table ronde consacrée à la paix et au vivre-ensemble entre les communautés du Grand Katanga et du Grand Kasaï. La Primature avait alors présenté ces tensions comme une question nécessitant un diagnostic et des solutions durables.

En décembre 2022, le gouverneur du Haut-Katanga, Jacques Kyabula, avait également appelé les communautés katangaise et kasaïenne à la cohabitation pacifique après une montée des discours de haine tribale et des appels à la violence sur les réseaux sociaux à Lubumbashi.

LE DANGER DES DISCOURS DE HAINE

La question mérite donc d’être traitée avec sérieux, mais également avec prudence.

La MONUSCO et le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme ont documenté des cas de discours et messages incitatifs à la haine en RDC et ont souligné leur potentiel de menace pour la cohésion nationale, la paix et la protection des civils.

En 2023, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme à Lubumbashi avait également appelé les acteurs politiques et les leaders à bannir les discours de haine et les messages susceptibles d’inciter à la violence dans le Haut-Katanga.

Ces précédents montrent pourquoi toute accusation visant une communauté entière doit être examinée avec une extrême prudence. Un acte criminel commis par un individu ne peut pas, à lui seul, être attribué à toute une communauté.

« IL Y A UN GÉNOCIDE QUI SE PRÉPARE AU KATANGA »

C’est dans ce contexte que Maître Mukendi termine son intervention par une déclaration particulièrement grave :

« Il y a un génocide qui se prépare au Katanga. »

Cette déclaration doit être comprise comme une alerte sur le terrain dans le Grand Katanga. La question fondamentale demeure : le gouvernement Tshisekedi est-il complice de ce Genocide en preparation?

Existe-t-il des incidents documentés ?
Des plaintes enregistrées auprès des autorités judiciaires ?
Des enquêtes ouvertes ?
Des actes organisés visant une population en raison de son appartenance communautaire ?
Existe-t-il des éléments permettant de confirmer ou d’infirmer l’existence d’une organisation ou d’un plan de violences de masse ?

Congongo Intelligence confirme : La reponse est OUI : les questions doivent être examinées par les autorités compétentes, les organisations de défense des droits humains et les journalistes d’investigation internationales.

L’URGENCE : PRÉVENIR PLUTÔT QUE LAISSER LES TENSIONS S’AGGRAVER

L’histoire de la RDC montre que les tensions identitaires peuvent devenir extrêmement dangereuses lorsqu’elles sont accompagnées de discours de haine, de rumeurs, de manipulations politiques ou d’impunité.

Les organisations internationales et congolaises qui ont étudié ces questions ont régulièrement appelé les responsables politiques, communautaires et médiatiques à éviter les discours susceptibles d’attiser l’hostilité entre populations.

L’enjeu est donc de protéger tous les habitants du Katanga, quelle que soit leur origine, et de faire en sorte que toute personne victime d’une agression puisse bénéficier de la protection de la loi.

La paix entre les communautés katangaise et kasaïenne nécessite la justice, le dialogue, la protection des citoyens et la responsabilité des dirigeants et des acteurs médiatiques.

Toute personne victime d’un crime doit pouvoir obtenir justice, quelle que soit son origine.

Et toute accusation aussi grave que celle d’un projet de génocide doit être examinée par le gouvernement de Tshisekedi et la communauté Internationale.

Congo Intelligence et Star Mania Media continueront à suivre cette affaire et à rechercher les éléments permettant d’établir les faits.

Par Vincent Carter et Annie Bélanger Dubois
Pour Congo Intelligence et Star Mania Media