La marche baptisée « OUI, JE LE VEUX » devait être un grand rendez-vous populaire. Elle s’est finalement transformée en une scène de désillusion politique, sous le regard des caméras et des observateurs présents à Kinshasa.
Malgré les moyens financiers considérables qui auraient été mobilisés pour assurer une forte participation, la mobilisation constatée sur le terrain semble être restée largement en dessous des attentes des organisateurs.
Une mobilisation qui ne convainc pas
L’événement devait donner l’image d’une adhésion populaire massive. Mais les images de la marche ont rapidement alimenté les interrogations sur la capacité des organisateurs à mobiliser les Kinois autour de leur message.
Dans une ville de plusieurs millions d’habitants, l’absence d’une mobilisation à la hauteur des ambitions affichées peut difficilement être ignorée.
Pour certains observateurs, cette situation constitue un signal politique qu’il serait imprudent de minimiser.
Le silence d’une jeunesse qui interpelle
L’un des éléments les plus marquants réside dans la faible présence apparente de la jeunesse kinoise, particulièrement celle que les promoteurs de l’initiative espéraient voir au premier plan.
Les millions de jeunes de Kinshasa représentent aujourd’hui une force sociale et politique incontournable. Leur absence ou leur faible participation peut être interprétée comme une forme de distance, voire de désapprobation, à l’égard d’une initiative qu’une partie de l’opinion considère comme insensée et déconnectée des préoccupations quotidiennes de la population.
Il convient toutefois de distinguer une observation de terrain d’une conclusion définitive : une faible mobilisation lors d’une marche ne constitue pas, à elle seule, un sondage représentatif de toute la population kinoise.
Un avertissement politique ?
Au-delà de la marche elle-même, la question qui se pose désormais est celle de sa portée politique.
Lorsqu’un événement présenté comme une démonstration de force ne produit pas la mobilisation attendue, il peut devenir, paradoxalement, un révélateur des difficultés rencontrées par ses initiateurs.
Le message envoyé par les rues de Kinshasa pourrait alors être résumé ainsi : on ne décrète pas l’adhésion populaire, on la gagne.
Pour les responsables de cette initiative, le véritable défi sera désormais de comprendre pourquoi une partie importante de la population, et notamment de la jeunesse, ne s’est pas reconnue dans le mot d’ordre « OUI, JE LE VEUX ».
Kinshasa attend des réponses
La capitale congolaise demeure un thermomètre politique particulièrement sensible. Ses rues, ses quartiers populaires et surtout sa jeunesse constituent souvent un baromètre de l’humeur sociale du pays.
La marche du « OUI, JE LE VEUX », qui devait apparaître comme une démonstration de popularité, risque donc de laisser une impression bien différente : celle d’une mobilisation qui n’a pas réussi à convaincre.
Reste maintenant à savoir si cette journée ne constituait qu’un accident de mobilisation ou si elle traduit une tendance plus profonde au sein de l’opinion kinoise.
Une chose est certaine : à Kinshasa, une foule ne se commande pas. Elle se mobilise lorsqu’elle croit au message.
Par Vincent Carter