Par Vincent Carter
Kinshasa — Une onde de choc secoue la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) après la publication de la déclaration finale de son assemblée plénière. Pour la première fois depuis longtemps, des divergences internes profondes semblent apparaître au grand jour sur fond de débat politique explosif autour d’un éventuel changement de la Constitution.
Au centre de la polémique figure Monseigneur Emmanuel-Bernard Kasanda, évêque de Mbuji-Mayi, dont l’absence de signature sur la déclaration finale de la CENCO alimente une vive controverse dans les milieux religieux et politiques.
Selon plusieurs sources ecclésiastiques et médiatiques, Mgr Kasanda soutiendrait une position plus favorable à une révision constitutionnelle, contrairement à la ligne défendue par plusieurs évêques de la CENCO qui appellent traditionnellement au respect strict de l’ordre constitutionnel.
Cette prise de distance est perçue par plusieurs observateurs comme le signe d’un schisme idéologique grandissant au sein de l’Église catholique congolaise. D’un côté, un courant d’évêques attaché à la posture critique historique de la CENCO face au pouvoir politique. De l’autre, des prélats jugés plus conciliants envers le régime du président Félix Tshisekedi.
Dans les cercles catholiques congolais, cette fracture suscite de nombreuses interrogations. L’Église catholique, considérée comme l’une des institutions morales les plus influentes de la RDC, a toujours joué un rôle majeur dans les grandes crises politiques du pays.
La non-signature de Mgr Kasanda intervient dans un contexte déjà tendu, marqué par des débats sensibles autour de la gouvernance, de la réforme institutionnelle et des équilibres politiques nationaux.
Pour plusieurs analystes, cette situation révèle une tension plus profonde au sein de la CENCO, où les clivages régionaux, politiques et idéologiques semblent désormais difficiles à dissimuler.
La grande question reste désormais de savoir si cette crise restera un simple désaccord interne ou si elle marquera le début d’une fracture durable au sein des princes de l’Église catholique congolaise.
Le dossier est suivi de très près aussi bien à Kinshasa que dans les grandes capitales où l’évolution de la situation politique congolaise continue de susciter une attention particulière.