Par Vincent Carter

Vincent Carter éventre le boa : entre la famille Tshisekedi et Moïse Katumbi, leader de l’opposition congolaise, qui doit à qui ? Voici la vérité financière entre les Tshisekedi et Katumbi : La bataille entre deux elephants dans la savane politique congolaise ou un affrontement entre mémoire, pouvoir et légitimité, qui va en souffrir? + Cinema du Chaos Électoral Planifié Par Félix Tshisekedi en 2023 contre Moise Katumbi.

Le débat politique en République démocratique du Congo (RDC) prend aujourd’hui une tournure particulière. Entre la famille Tshisekedi et Moïse Katumbi, leader de l’opposition congolaise, une question fondamentale se pose : qui doit réellement à qui ? Voici la vérité financière entre les Tshisekedi et Katumbi.

Candidat président en RDC aux élections de 2028, Moïse Katumbi vit maintenant en exil en Europe pour échapper à la persécution par son ancien allié Félix Tshisekedi, président de la RDC. Cette situation illustre une rupture profonde entre deux figures politiques qui, autrefois, partageaient des intérêts et des alliances.

Pour mémoire, Félix Tshisekedi est le fils d’Étienne Tshisekedi, qui fut l’ancien leader de l’opposition en RDC contre le régime de Mobutu Sese Seko ainsi que contre ceux de Laurent-Désiré Kabila et Joseph Kabila. À cette époque, l’UDPS était un symbole fort de résistance politique et incarnait l’espoir démocratique.

Cependant, selon ce récit politique, l’UDPS était aussi financièrement soutenue par l’ancien gouverneur de l’ex-Grand Katanga, Moïse Katumbi. Cette dimension financière est aujourd’hui au cœur d’un débat explosif qui refait surface dans le contexte actuel.

1 – Le rôle financier de Katumbi dans la période Tshisekedi

À la mort du père de Félix Tshisekedi, l’actuel président congolais, Moïse Katumbi aurait payé la morgue pendant deux ans à Bruxelles pour conserver le cadavre du Sphinx de Limite. Il aurait également soutenu la veuve Tshisekedi, Mama Marthe, financièrement, en payant son loyer, sa nourriture ainsi que ses voyages partout en Europe.

Toujours selon ce récit, pour l’UDPS, le congrès visant à désigner Félix Tshisekedi président du parti aurait été financé par Moïse Katumbi. À cela s’ajouteraient d’autres dépenses : l’achat de vestes, de chaussures, ainsi que des voyages au Canada et aux États-Unis en jet privé, avec sa femme officielle, Denise Nyakeru, ainsi que leur consommation excessive d’alcool et de champagne à travers le monde.

Ces éléments, largement relayés dans certains cercles politiques et médiatiques, nourrissent aujourd’hui une narration selon laquelle l’ascension politique de Félix Tshisekedi aurait été, en partie, soutenue financièrement par Moïse Katumbi.

Une rupture brutale et une accusation d’ingratitude

Une fois au pouvoir, selon cette lecture critique, Félix Tshisekedi serait devenu gourmand et ingrat, cherchant à neutraliser politiquement Moïse Katumbi. L’objectif, selon cette perception, serait d’effacer un passé que beaucoup connaissent : celui d’un soutien déterminant dans les moments clés de son ascension.

Dans cette logique, l’opposition affirme que sans Katumbi, il n’y aurait pas aujourd’hui d’UDPS au pouvoir, ni Félix Tshisekedi à la tête du pays. Une affirmation forte, contestée par les partisans du régime, mais qui alimente le débat public.

Une bataille de récits et de légitimité

Ce conflit dépasse largement la question financière. Il s’agit d’une bataille de récits, où chacun tente de redéfinir l’histoire politique récente de la RDC.

D’un côté, un pouvoir en place qui revendique sa légitimité institutionnelle.
De l’autre, une opposition qui met en avant des relations passées, des soutiens financiers et une forme de dette morale.

Entre reconnaissance, rupture et rivalité, la tension est aujourd’hui à son comble.

Conclusion : qui doit à qui ?

La question reste entière : qui doit réellement à qui ?

Est-ce une dette politique, une dette financière ou simplement une alliance brisée par les ambitions du pouvoir ?

Dans un contexte où Moïse Katumbi s’oppose fermement à tout changement de la Constitution qui permettrait un troisième mandat, et où le climat politique reste tendu, cette interrogation pourrait devenir centrale dans les années à venir.

Plus qu’un règlement de comptes, il s’agit d’un affrontement entre mémoire, pouvoir et légitimité.

Et dans cette guerre des récits, une chose est sûre : la vérité dépendra autant des faits que de ceux qui les racontent.