Lu pour vous
L’une des raisons pour lesquelles Tshisekedi sort perdant dans ce qui est prévu par l’accord-cadre de Doha est qu’il n’a jamais compris qu’il était en concurrence avec l’AFC/M23 aux yeux des investisseurs qataris, américains et d’ailleurs. Ces derniers ne sont pas impressionnés par sa gouvernance. Tshilombo pensait pouvoir acheter son salut en offrant des minerais en gage pour prolonger son règne.
Il découvre plutôt que certains acteurs préfèrent investir là où règne une véritable sécurité, quitte à voir l’AFC/M23 prendre le pouvoir. Les investisseurs savent ce que d’autres compagnies étrangères ont enduré : des généraux, ministres et députés corrompus qui exigent leur part, des milices opérant autour des sites miniers et prélevant leurs rançons partout — un enfer pour simplement maintenir leurs activités économiques. Surtout, seuls les acteurs chinois, dont l’État subventionne certaines activités comme l’exploration et l’extraction, peuvent encore se permettre d’opérer dans un tel environnement tout en réalisant des bénéfices au bout de la chaîne de production.
Les autres, opérateurs privés, peinent à équilibrer leurs comptes et doivent en plus recourir à des entreprises de sécurité privées pour poursuivre leurs opérations. Cela explique pourquoi nombre d’entre eux ont fini par abandonner leurs activités au fil des années et les ont revendues à des entreprises chinoises. Beaucoup ne veulent plus opérer dans ces conditions, surtout lorsque l’AFC/M23 propose quelque chose de bien plus attrayant : un environnement sûr, stable et prévisible: le rétablissement de l’autorité de l’État et de l’État de droit.