Par Vincent Carter
La situation sécuritaire en République démocratique du Congo continue de susciter de vives inquiétudes, notamment dans l’est du pays. Dans une interview accordée au journaliste Dominic Johnson pour Kongoecho, le Prix Nobel de la paix Denis Mukwege a livré une analyse critique du conflit qui perdure depuis plusieurs décennies.
Selon Denis Mukwege, ni les autorités de Kinshasa ni les groupes armés ne semblent aujourd’hui capables d’apporter une solution durable à la crise. « Ni le gouvernement, ni les rebelles du M23 ne peuvent apporter la paix en RDC », affirme-t-il, soulignant l’impasse politique et sécuritaire dans laquelle se trouve le pays.
Le médecin congolais, connu pour son engagement en faveur des victimes de violences sexuelles liées aux conflits, rappelle que la population congolaise est confrontée à un cycle de violences qui remonte à près de trois décennies. « Cela fait depuis 1996 que les gens viennent avec les armes pour nous libérer », constate-t-il, évoquant l’histoire des interventions armées et des mouvements rebelles qui se sont succédé dans l’est du pays.
Les propos de Mukwege font référence aux multiples conflits qui ont marqué la région depuis la première guerre du Congo en 1996, impliquant à la fois des forces nationales, des groupes rebelles et des acteurs étrangers. Parmi eux figure notamment le mouvement armé M23, actif dans l’est du pays et régulièrement accusé par Kinshasa de bénéficier de soutiens extérieurs — des accusations rejetées par les parties concernées.
Pour Denis Mukwege, la résolution du conflit ne peut pas uniquement reposer sur la confrontation militaire. Il plaide régulièrement pour une approche globale combinant justice, réformes politiques et mécanismes internationaux de responsabilité afin de traiter les causes profondes de l’instabilité.
Alors que les combats se poursuivent dans certaines zones de l’est de la RDC, ses déclarations relancent le débat sur les voies possibles vers une paix durable, dans un pays où les populations civiles continuent de payer le prix le plus lourd des affrontements.