Par Vincent Carter

Kinshasa / International
Une vive inquiétude secoue actuellement les milieux journalistiques, politiques et sécuritaires après des informations faisant état de l’acquisition présumée de logiciels espions de type Pegasus et Predator par la CNC, une institution dirigée par Lisette Kabanga, selon plusieurs sources concordantes proches du dossier.

Ces révélations, si elles venaient à être confirmées, soulèveraient de graves questions sur le respect des libertés publiques, la protection de la vie privée et la sécurité nationale.

Pegasus et Predator : des outils de surveillance redoutables

Pegasus et Predator sont des logiciels espions de très haut niveau, développés par des entreprises privées spécialisées dans la cyber-surveillance. Ils sont connus pour être utilisés par certains gouvernements à travers le monde dans des contextes de lutte antiterroriste, mais ont aussi été mis en cause dans des affaires d’espionnage de journalistes, d’opposants politiques, de défenseurs des droits humains et même de responsables militaires.

Selon des experts en cybersécurité, Predator serait encore plus intrusif que Pegasus. Il permettrait notamment des attaques dites “zéro-clic”, c’est-à-dire sans aucune action de la victime :

  • un simple message,
  • un appel manqué,
  • ou même un bref signal sonore (« bip ») sur WhatsApp ou le réseau téléphonique classique.

Un accès total au téléphone… à l’insu de la victime

Une fois un téléphone infecté, le logiciel espion donnerait un accès complet à l’opérateur :

  • photos et vidéos personnelles,
  • messages et appels,
  • activation du micro et de la caméra,
  • géolocalisation en temps réel.

Le tout sans que la personne ciblée n’en ait conscience.

Des inquiétudes majeures pour la liberté de la presse

Si l’utilisation de tels outils par la CNC était avérée, les journalistes, les opposants politiques et certains acteurs sécuritaires pourraient devenir des cibles prioritaires, dans un contexte déjà marqué par de fortes tensions politiques et sociales.

Des organisations de défense des droits humains rappellent que l’usage de ces technologies doit être strictement encadré par la loi, soumis à un contrôle judiciaire indépendant et limité à des menaces clairement définies.

Appel à la transparence et à une enquête indépendante

À ce stade, aucune confirmation officielle n’a été apportée par la CNC. Toutefois, face à la gravité des soupçons, des voix s’élèvent pour réclamer une clarification publique, une enquête indépendante et un débat national sur l’utilisation des technologies de surveillance.

Informer et se protéger

Dans une vidéo annoncée, l’auteur de ces alertes explique en détail :

  • comment fonctionnent Pegasus et Predator,
  • quels sont les signes d’une possible infection,
  • les mesures de protection numérique de base que chaque citoyen peut adopter.
  • Informer, prévenir et protéger : telle est désormais l’urgence, alors que la frontière entre sécurité nationale et atteinte aux libertés fondamentales semble de plus en plus fragile.