Par Vincent Carter avec DW

Selon Justicia ASBL, plus de dix mille personnes auraient été enlevées et détenues arbitrairement, parfois dans des maisons privées ou des hôtels, sans accès à leurs avocats ni à leurs familles. L’organisation pointe du doigt le Conseil national de cyberdéfense (CNC), qu’elle accuse d’être responsable d’enlèvements massifs et de détentions illégales, estimant que ce service a largement dépassé le cadre de sa mission initiale.

Pour Justicia ASBL, le CNC est désormais perçu comme un instrument de répression, ciblant notamment les opposants politiques, les journalistes, les défenseurs des droits humains ainsi que de simples citoyens.

L’ONG cite notamment le cas d’un journaliste-caméraman de Lubumbashi, arrêté puis détenu dans un camp militaire avant d’être transféré à Kinshasa. Selon Justicia ASBL, ce dernier aurait subi des actes de torture dans un cachot clandestin du CNC.

Face à ces dérives présumées, Maître Timothée Mbuya appelle à la suppression de ce qu’il qualifie de « service oppresseur des droits des citoyens ».

Créé en 2023 pour coordonner la cyberdéfense et lutter contre la cybercriminalité en République démocratique du Congo, le Conseil national de cyberdéfense est aujourd’hui au cœur d’une vive polémique. Les accusations portées par Justicia ASBL ont, pour leur part, été rejetées par le gouvernement.

« On constate que ce service procède à des arrestations de manière inimaginable. Chaque jour, nous enregistrons des cas de personnes enlevées. Lorsque l’on cumule ces chiffres et que l’on fait des projections, on se rend compte que le CNC est en train de commettre des gaffes inimaginables », déplore Maître Mbuya.

Les dénonciations de Justicia ASBL sont également relayées par certaines victimes présumées d’arrestations et de tortures, ainsi que par l’ASADHO (Association africaine de défense des droits de l’homme). Son président, Jean-Claude Katende, accuse à son tour le Conseil national de cyberdéfense de violations répétées des lois de la République et des droits humains.