Par Vincent Carter
À la demande du président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, le mouvement AFC/M23 a été invité en Angola par le président angolais João Lourenço, confirmant le rôle croissant de Luanda comme acteur diplomatique clé dans la gestion de la crise congolaise.
Selon plusieurs sources diplomatiques, cette invitation s’inscrit dans une dynamique de consultations élargies visant à explorer les conditions de la tenue d’un dialogue inclusif en RDC. Le président João Lourenço, qui assure par ailleurs une médiation active dans les crises régionales, a déjà accueilli sur le sol angolais plusieurs opposants politiques au régime de Kinshasa, avec lesquels des échanges ont porté sur les contours politiques, sécuritaires et institutionnels d’un éventuel processus de dialogue national.
La présence annoncée de représentants de l’AFC/M23 à Luanda marque une évolution notable dans la gestion du dossier. Longtemps cantonné au champ strictement sécuritaire et militaire, le conflit impliquant le M23 tend désormais à être abordé sous un angle plus politique, sous l’impulsion de partenaires régionaux soucieux d’éviter une escalade durable dans l’est de la RDC.
Pour Kinshasa, cette démarche, sollicitée auprès de l’Angola, vise à créer un cadre extérieur jugé plus neutre, susceptible de favoriser des discussions franches entre les différentes parties prenantes. Les autorités congolaises continuent toutefois de rappeler que toute initiative de dialogue devra respecter la Constitution, la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale du pays.
De son côté, le président João Lourenço apparaît de plus en plus comme un facilitateur incontournable dans la région des Grands Lacs. Après s’être entretenu avec des figures de l’opposition congolaise, Luanda cherche à rassembler les acteurs politiques et politico-militaires autour d’un même agenda : la désescalade des tensions, la fin des violences armées et la recherche d’un compromis politique durable.
Cette séquence diplomatique suscite néanmoins des réactions contrastées au sein de la classe politique congolaise et de l’opinion publique. Certains y voient une ouverture pragmatique vers la paix, tandis que d’autres redoutent une légitimation politique de groupes armés accusés de graves violations des droits humains.
À ce stade, aucun calendrier officiel n’a été rendu public quant à la tenue effective d’un dialogue inclusif. Mais l’activisme diplomatique de l’Angola, à la demande de Kinshasa, confirme que la crise congolaise dépasse désormais le cadre national et s’inscrit pleinement dans une équation régionale, où la médiation reste l’une des rares voies encore ouvertes pour une sortie durable de crise.