Par la Rédaction
Refusé à l’entrée en République démocratique du Congo par les autorités, l’activiste des droits humains Jean-Luc Kimbila a annoncé le lancement d’un « chemin de pèlerinage » régional, qu’il présente comme une initiative pacifique visant à contribuer à une sortie de crise politique et institutionnelle dans le pays.
La décision de refus a été prise par le ministère de l’Intérieur, dirigé par Jacquemain Shabani. Selon les autorités, cette mesure est liée aux positions politiques défendues par M. Kimbila, notamment son appel public à la démission du président Félix Tshisekedi dans le cadre d’un plan de transition qu’il juge nécessaire pour éviter un effondrement de l’État congolais.
Président de l’ONG Nouvelle Société Civile du Congo (NSCK) et actuellement en exil, Jean-Luc Kimbila plaide depuis plusieurs mois pour une amnistie générale incluant les principaux acteurs politiques et armés, ainsi que pour l’organisation d’un dialogue inclusif sous l’égide des Églises catholique et protestante (CENCO/ECC).
Empêché de regagner le territoire congolais, l’activiste a annoncé qu’il entamerait un pèlerinage symbolique, bâton en main, dont le parcours doit passer par Goma, puis la Zambie et l’Ouganda. Il décrit cette démarche comme un acte à la fois spirituel, politique et non violent, destiné à sensibiliser l’opinion publique régionale et internationale à la crise congolaise.
« Ce n’est ni une marche de provocation ni un appel à la violence, mais une démarche de conscience lorsque les voies institutionnelles sont fermées », affirme-t-il dans un message adressé à ses partisans.
Cette initiative intervient dans un contexte de forte dégradation sécuritaire, notamment dans l’est du pays, et alors que les appels au dialogue et à la médiation se multiplient. Elle suscite toutefois des réactions contrastées : certains y voient une tentative pacifique de mobilisation morale, tandis que d’autres dénoncent une action politique menée depuis l’extérieur du pays.
Au-delà des divergences, l’épisode met en lumière les tensions persistantes entre le pouvoir central et une partie de la société civile congolaise en exil, ainsi que les difficultés à ouvrir un espace de dialogue national dans un climat de méfiance et de polarisation croissantes.