Selon des informations obtenues par Congo Intelligence.com auprès de sources sécuritaires proches du dossier, une réunion confidentielle aurait été organisée cette semaine à Kinshasa entre plusieurs services stratégiques de l’État : le Conseil Nationale de Sécurité (CNS), l’Agence Nationale de Renseignements (ANR) et la DEMIAP.

D’après ces sources, qui ont requis l’anonymat en raison de la sensibilité du sujet, la rencontre aurait porté sur la dégradation potentielle de la situation sécuritaire dans l’espace Grand Katanga, à un moment où les rumeurs d’infiltration de groupes armés font monter la tension dans la région.

Recommandations internes : militariser le Grand Katanga

Toujours selon ces mêmes informateurs, certains hauts responsables sécuritaires auraient recommandé au président Félix Tshisekedi de nommer rapidement des officiers militaires à la tête des quatre provinces du Grand Katanga.
L’objectif évoqué : renforcer l’autorité de l’État et prévenir toute forme d’instabilité, notamment face au spectre d’un scénario similaire à celui observé au Nord-Kivu et à Goma.

Les partisans de cette option estiment qu’un état de siège, déjà appliqué dans l’Est du pays depuis 2021, permettrait d’anticiper des « risques d’effondrement sécuritaire » dans cette zone stratégique, siège de la majorité des activités minières du pays.

Climat de tension et manque de communication officielle

Pour l’heure, le gouvernement n’a ni confirmé ni démenti l’existence d’une telle réunion, laissant place à de nombreuses spéculations au sein de la population katangaise.
Les récentes explosions de dépôts de munitions à Lubumbashi, les déploiements inattendus des FARDC et les rumeurs d’infiltration rebelle alimentent un climat de méfiance généralisée.

Quels enjeux pour le pouvoir central ?

La sécurisation du Grand Katanga représente un enjeu majeur pour le régime :

  • région minière stratégique (cuivre, cobalt, lithium)
  • axe économique vital pour les exportations
  • influence politique importante à l’approche de 2028

Une militarisation des provinces pourrait être interprétée à la fois comme une mesure de prévention… ou comme une tentative de contrôle renforcé d’un espace politiquement sensible.

Une situation à suivre

En l’absence de communication officielle, les interrogations demeurent.
Si ces recommandations étaient confirmées, elles marqueraient un tournant dans la gestion sécuritaire du Grand Katanga.

Congo Intelligence.com continue de suivre l’évolution de ce dossier.