Par Vincent Carter
Une plainte explosive vise plusieurs proches du président congolais Félix Tshisekedi : selon des informations relayées par le parquet fédéral belge, des membres de la famille présidentielle sont suspectés d’actes de détournement et de blanchiment de fonds en lien avec l’exploitation minière au Katanga. africaintelligence.fr+2Enquete.cd+2
Qui est visé par l’enquête belge ?
La plainte déposée à Bruxelles identifie neuf membres du « clan Tshisekedi », particulièrement ceux détenant la nationalité belge. Sont notamment cités : la Première dame Denise Nyakeru, des frères et des fils du chef de l’État, ainsi que des cousins. Congo Inter+2Enquete.cd+2
Selon les plaignants — des ONG katangaises et d’anciens dirigeants de la Gécamines — ces individus seraient impliqués dans une “prédation” des mines situées dans les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba. Enquete.cd
Des allégations graves : disparités financières et blanchiment
Les avocats à l’origine de la plainte, Bernard et Brieuc Maingain, soutiennent que des flux financiers suspects ont été orientés vers des comptes en Belgique. Netic News+1
La justice belge a déjà demandé à consulter l’historique des comptes bancaires de la Première dame, ainsi que ceux de certains enfants et frères du président. africaintelligence.fr
Ces investigations préliminaires visent à déterminer si des revenus issus des mines katangaises ont été détournés et blanchis à l’étranger.
Une plainte portée par des ONG locales
Les plaignants ne sont pas de simples acteurs étrangers : ils comprennent des ONG congolaises, mais aussi quatre anciens dirigeants de la Gécamines, la société minière d’État. Enquete.cd
Ils dénoncent une exploitation opaque des ressources minières, au profit d’un “clan présidentiel” qui exercerait une emprise économique sur la région du Katanga. NDA Afrique+1
D’après eux, la justice congolaise serait trop infiltrée ou désarmée pour mener une enquête sérieuse, d’où l’appel à la justice belge. Congo Inter
Réactions et enjeux diplomatiques
Ce dossier soulève des questions majeures :
- Quel rôle joue la double nationalité dans ces accusations ? Plusieurs mis en cause sont belges, permettant ainsi à la Belgique d’ouvrir une enquête judiciaire. aip.ci
- Quels liens entre les élites congolaises, la Gécamines et des acteurs internationaux ? Les plaignants évoquent des complicités avec des partenaires étrangers — notamment chinois — dans le pillage présumé. NDA Afrique
- Quel impact politique et moral cette affaire peut-elle avoir au sein de la RDC ? Le fait que des proches du président soient visés remet en lumière les critiques sur la gestion des richesses nationales.
Conclusion : un dossier à suivre
L’enquête belge marque un tournant : elle montre que les accusations de prédation minière au Katanga ne sont pas seulement des rumeurs, mais font l’objet de procédures judiciaires internationales formelles.
Pour de nombreux observateurs, ce cas pourrait être le symbole d’un combat contre l’impunité des élites congolaises dans le secteur minier.
Mais l’issue reste incertaine : l’issue de l’enquête dépendra de la coopération entre la Belgique et la RDC, de la capacité des autorités congolaises à répondre aux accusations, et de la volonté des plaignants de pousser le dossier jusqu’au bout.
Sources
RDC : accusés de corruption, des proches du président Tshisekedi