KINSHASA : Par la cellule de communication de la NSCK
Kinshasa, le 12 novembre 2025
Mesdames et Messieurs,
C’est avec une profonde inquiétude et un sentiment de désolation que nous, ONG ASTIJ (Association contre les Tortures et l’Instrumentalisation de la Justice) et ONG NSCK (Nouvelle Société Civile du Kongo), vous adressons cette lettre ouverte.
Nous voulons attirer l’attention du peuple canadien, de ses institutions et de ses médias sur une situation grave et intolérable : la participation présumée de certains citoyens canadiens d’origine congolaise aux crimes commis en République démocratique du Congo, notamment dans le cadre des services de renseignement congolais.
Des faits alarmants et documentés
Depuis plusieurs années, de nombreux témoignages, rapports et enquêtes indépendantes font état de pratiques inhumaines dans certains cachots clandestins de Kinshasa et dans d’autres régions du pays :
- Arrestations arbitraires et détentions illégales ;
- Tortures systématiques de prisonniers politiques ;
- Violences sexuelles à caractère punitif ;
- Exécutions extrajudiciaires et disparitions forcées.
Plus troublant encore, plusieurs sources concordantes – parmi lesquelles des médias indépendants, des anciens agents des services congolais, et des observateurs internationaux – indiquent que certains cadres de ces services, détenteurs de la nationalité canadienne, participeraient directement ou indirectement à ces actes répressifs.
Le silence du Canada interroge
Comment un pays reconnu pour son engagement en faveur des droits humains, de la démocratie et de la paix peut-il rester silencieux face à de telles allégations ?
Comment le Canada, membre actif du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, peut-il tourner le regard ailleurs alors que des citoyens canadiens participent à la répression d’un peuple frère ?
Le Canada ne peut pas se permettre de fermer les yeux sur ces violations graves. Il en va de sa crédibilité morale et diplomatique sur la scène internationale.
Nos demandes
Nous demandons :
- Que le gouvernement canadien ouvre une enquête officielle sur les allégations visant certains de ses citoyens engagés dans des activités répressives en RDC ;
- Que le Parlement du Canada entende les ONG, témoins et journalistes congolais pouvant apporter des éléments de preuve ;
- Que Radio-Canada et les grands médias canadiens mènent leurs propres investigations sur ce dossier d’intérêt public international ;
- Que le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères prennent une position publique claire en faveur de la justice et des droits humains.
Conclusion : la neutralité ne doit jamais être la complicité
Nous croyons fermement que le Canada, terre de justice et d’accueil, ne peut tolérer que ses valeurs soient trahies par des citoyens qui, à l’étranger, participent à la terreur et à la souffrance d’innocents.
Nous espérons une réponse rapide, une enquête transparente, et surtout un engagement concret pour la vérité, la justice et la dignité humaine.
Respectueusement,
Le président de l’ONG ASTIJ
Avec le soutien de l’ONG NSCK, de plusieurs médias indépendants et de témoins de la société civile congolaise.
Par la cellule de communication de la NSCK