Par Vincent Carter
Il y a un proverbe africain qui dit : « Quand le chef refuse de quitter le trône, le peuple finit par renverser le trône. » Aujourd’hui, en République démocratique du Congo, ce proverbe prend un sens inquiétant. Félix Tshisekedi, incapable de tenir ses promesses et en fin de régime, semble avoir trouvé un stratagème : gagner du temps, repousser les élections et glisser son mandat jusqu’en 2035.
Une stratégie copiée sur Laurent Gbagbo
Ce scénario n’est pas nouveau sur le continent. Laurent Gbagbo, en Côte d’Ivoire, avait prolongé son mandat de cinq années entières, prétextant des difficultés organisationnelles. Tshisekedi semble marcher dans ses pas, avec un discours déjà bien rodé : insécurité dans l’Est, réformes électorales incomplètes, crise économique… autant de raisons « officielles » pour reporter le scrutin.
Mais derrière ces arguments se cache une réalité plus crue : la peur de perdre le pouvoir.
Gagner du temps, museler l’opposition
En jouant la montre, le président s’assure de continuer à contrôler les leviers politiques, financiers et sécuritaires. Les opposants sont épuisés par des batailles électorales sans fin, le peuple est maintenu dans une attente interminable, et la communauté internationale se retrouve dans l’embarras.
Chaque crise – qu’elle soit provoquée ou subie – devient une excuse parfaite pour repousser les élections.
Un peuple piégé, mais pas vaincu
Ce calcul cynique pourrait se retourner contre lui. Le peuple congolais n’est pas amnésique : il se souvient des promesses faites en 2018, de la promesse d’un mandat unique tourné vers la rupture avec les pratiques du passé. Aujourd’hui, c’est le passé qui rattrape Tshisekedi, et avec lui, le spectre d’une contestation populaire de grande ampleur.
Si ce glissement se concrétise, il ne s’agira plus d’une simple manœuvre politique, mais d’un coup porté à la démocratie congolaise. Et l’histoire nous enseigne qu’aucun chef n’est intouchable lorsque le peuple décide de reprendre son destin en main.