Par Vincent Carter

Walikale, 29 juillet 2025 — Une nouvelle crise humanitaire se profile dans le territoire de Walikale, au Nord-Kivu, suite à l’arrivée massive de centaines de déplacés internes dans le groupement Waloa Yungu. Ces populations fuient les violents affrontements qui ont récemment opposé les rebelles de l’AFC/M23 aux forces d’autodéfense locales, les Wazalendo, dans le territoire voisin de Masisi.

Depuis plusieurs jours, les combats s’intensifient autour des localités de Kitsanga, Mweso et des collines avoisinantes, poussant les populations civiles à fuir dans la panique. Les déplacés, composés en majorité de femmes, d’enfants et de personnes âgées, arrivent à Waloa Yungu épuisés, sans vivres ni abris, exposés aux maladies et aux intempéries.

« La situation est catastrophique. Les déplacés dorment à même le sol. Il n’y a pas de nourriture, pas de médicaments. Si rien n’est fait rapidement, nous risquons une tragédie », alerte un responsable communautaire de Waloa Yungu.

Un accueil précaire dans une zone déjà vulnérable

Le groupement de Waloa Yungu, situé à l’ouest de Walikale-centre, n’a ni les moyens logistiques ni les infrastructures pour faire face à cette pression humanitaire soudaine. Les familles d’accueil sont rapidement débordées, et les rares structures de santé locales sont dépassées par l’afflux massif de patients.

Les déplacés témoignent de scènes d’horreur vécues sur les axes de fuite : tirs à l’arme lourde, exécutions sommaires, villages incendiés. Certains accusent les deux parties belligérantes — AFC/M23 et Wazalendo — de violer les droits des civils en les utilisant comme boucliers humains ou en pillant leurs biens.

Appel à l’aide humanitaire et à une action urgente de l’État

Face à cette urgence, la société civile de Walikale appelle les autorités provinciales et nationales, ainsi que les ONG humanitaires, à intervenir de toute urgence. Des appels spécifiques sont lancés au HCR, à Médecins Sans Frontières, et au CICR pour acheminer une aide en vivres, en soins médicaux et en abris d’urgence.

« Ce qui se passe à Walikale est le reflet d’un drame plus large à l’Est de la RDC. Tant que les affrontements se poursuivent à Masisi, Rutshuru et Nyiragongo, d’autres vagues de déplacés sont à craindre », prévient un analyste sécuritaire basé à Goma.


Contexte :
Le conflit dans l’est de la RDC, alimenté par la résurgence du M23 rebaptisé AFC/M23, ne cesse d’aggraver la crise humanitaire. Le groupe rebelle, accusé d’être soutenu par le Rwanda, affronte désormais non seulement l’armée congolaise mais aussi les milices d’autodéfense “Wazalendo”, dans une guerre complexe qui fait peu de cas de la sécurité des civils.