Par Vincent Carter et Vital Kamerhe

Kinshasa, RDC – Le président Félix Tshisekedi, au cœur de vives critiques ces derniers mois, vient une fois de plus de susciter la polémique. Accusé de tribalisme et de népotisme, le chef de l’État congolais semble confirmer les craintes de ceux qui doutent de sa capacité à incarner un leadership inclusif et transparent. Les récentes nominations stratégiques au sein de son gouvernement, ainsi que les rumeurs persistantes sur ses ambitions dynastiques, alimentent un débat houleux sur l’avenir politique de la République Démocratique du Congo (RDC).

Depuis son accession au pouvoir en 2019, Félix Tshisekedi a souvent été accusé de favoriser sa région d’origine, le Kasaï, dans les nominations aux postes clés de l’État. Ces derniers mois, cette tendance s’est accentuée, avec la nomination de plusieurs membres de sa famille ou de proches originaires du Kasaï à des positions stratégiques. Pour ses détracteurs, cette pratique ne fait que confirmer un tribalisme assumé, qui mine l’unité nationale et exclut d’autres régions du pays des cercles de décision.

« Le président Tshisekedi vient de prouver une fois de plus qu’il ne changera jamais. Son tribalisme est flagrant, et cela ne fait qu’approfondir les divisions dans notre pays », dénonce un opposant politique sous couvert d’anonymat.

Dans les couloirs de la politique congolaise, les rumeurs vont bon train concernant les ambitions à long terme de Tshisekedi. Selon plusieurs sources, le président préparerait déjà sa succession en vue des élections de 2028, en positionnant ses proches, notamment ses cousines Wagner Kayikwamba et Mbuyi Wagner, comme ses potentiels dauphins. Cette stratégie, perçue comme une tentative de maintenir le pouvoir au sein de sa famille, suscite l’indignation de nombreux Congolais, qui y voient une dérive monarchique.

« Tshisekedi est en train de transformer la RDC en une monarchie déguisée. Il ment à la population en prétendant œuvrer pour le bien commun, alors qu’il ne pense qu’à consolider son pouvoir et celui de sa famille », affirme un analyste politique basé à Kinshasa.

Un président malade du pouvoir et du Sida ?

Les critiques à l’encontre de Tshisekedi ne se limitent pas à ses choix politiques. Des rumeurs persistantes sur son état de santé, notamment concernant une prétendue infection au VIH, continuent de circuler. Bien que ces allégations n’aient jamais été officiellement confirmées, elles alimentent un climat de méfiance autour du président.

« Tshisekedi est un monstre qu’il faut chasser. Avec son Sida, peut-il encore dribler les Congolais une fois de plus ? », s’interroge un citoyen de Kinshasa, exprimant un sentiment partagé par une partie de la population.

L’avenir incertain de la RDC

Alors que la RDC traverse une période de grande instabilité, marquée par des conflits armés dans l’Est du pays et une crise économique persistante, les choix de Tshisekedi sont scrutés avec une attention particulière. Pour ses partisans, il reste le président légitime, œuvrant pour la stabilité et le développement du pays. Pour ses détracteurs, il incarne un pouvoir tribaliste, corrompu et déconnecté des réalités du peuple congolais.

« Qui vivra verra », disent certains, résignant face à l’incertitude qui plane sur l’avenir du pays. Une chose est sûre : les prochains mois seront déterminants pour la RDC, et les choix de Tshisekedi continueront de faire l’objet de vifs débats.

En attendant, le président devra faire face à une opposition de plus en plus mobilisée, ainsi qu’à une population en quête de transparence et de justice. Le temps nous dira si Félix Tshisekedi parviendra à surmonter ces défis, ou s’il finira par être emporté par les vagues de mécontentement qui grondent à travers le pays.

Vincent Carter et Vital Kamerhe