Par Vincent Carter

Selon nos sources proches de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, aurait sollicité l’appui militaire de l’Angola pour sécuriser les mines situées dans l’ex-Grand Katanga, en particulier dans les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga.

En visite officielle à Luanda, Tshisekedi aurait rencontré son homologue angolais João Lourenço pour discuter de cette question sensible. D’après les informations recueillies, le chef de l’État congolais aurait exprimé ses inquiétudes face à la montée de l’insécurité dans ces zones riches en minerais stratégiques, notamment le cuivre et le cobalt, des ressources cruciales pour l’économie congolaise.

Les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga font face à une recrudescence des activités des groupes armés et des réseaux de contrebande, alimentant une insécurité croissante autour des sites miniers. Cette situation met en péril les intérêts économiques du pays et inquiète les investisseurs étrangers, dont plusieurs entreprises chinoises et occidentales opérant dans la région.

D’après nos sources, Félix Tshisekedi aurait justifié cette demande d’intervention militaire angolaise par l’inefficacité des forces de sécurité congolaises à contenir les menaces persistantes. L’armée congolaise (FARDC), déjà mobilisée sur plusieurs fronts à l’Est du pays contre les rebelles du M23 et d’autres groupes armés, peine à sécuriser efficacement l’ensemble du territoire.

L’Angola, sous la présidence de João Lourenço, a déjà joué un rôle diplomatique et sécuritaire dans la région, notamment en servant de médiateur dans plusieurs conflits en RDC. Une coopération militaire entre les deux pays n’est donc pas une nouveauté, mais cette demande soulève des questions sur la souveraineté nationale et l’avenir de la gestion sécuritaire des ressources minières congolaises.

Si Luanda accepte de déployer des troupes dans l’ex-Grand Katanga, cela marquerait un tournant dans la gestion de la sécurité des mines congolaises. Une telle décision pourrait également raviver les tensions politiques internes, notamment avec les forces politiques opposées à Tshisekedi, qui pourraient y voir une ingérence étrangère dans les affaires du pays.

La perspective d’un déploiement militaire angolais dans le Lualaba et le Haut-Katanga pourrait avoir des répercussions sur le climat politique et économique en RDC. Cette décision pourrait notamment affecter les relations avec les puissances économiques influentes dans le secteur minier, qui surveillent de près l’évolution de la situation sécuritaire dans cette région stratégique.

Pour l’instant, ni la présidence congolaise ni le gouvernement angolais n’ont officiellement confirmé ces discussions. Toutefois, cette initiative, si elle se concrétise, pourrait redéfinir les dynamiques sécuritaires et économiques dans l’ex-Grand Katanga, une région clé pour l’avenir de la RDC.

Affaire à suivre.