Analyse : Si Félix Tshisekedi veut sauver sa peau, il doit restructurer l’UDPS et se séparer de figures controversées
Par Vincent Carter

Le président Félix Tshisekedi, à moins d’un an des élections présidentielles en République démocratique du Congo (RDC), se trouve face à une question cruciale : peut-il sauver son mandat et son image en continuant à collaborer avec certains membres de son cercle politique ? De plus en plus de voix s’élèvent pour suggérer une restructuration urgente de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) et une prise de distance avec des personnalités dont la présence fragilise la crédibilité de son leadership.

Un cercle d’alliés devenu encombrant ?

Parmi les noms qui reviennent régulièrement dans les discussions politiques et les médias, on trouve des figures controversées comme :

  • Augustin Kabuya, secrétaire général de l’UDPS, critiqué pour sa gestion interne du parti et son incapacité à mobiliser efficacement les bases.
  • Jean-Pierre Bemba, vice-premier ministre et ministre de la Défense, accusé de privilégier ses intérêts personnels au détriment des priorités nationales.
  • Jacques Kyabula et Fifi Masuka, dont la gestion provinciale est souvent pointée du doigt pour des cas de mauvaise gouvernance.
  • Danis Banza, Constant Mutamba, et Nicolas Kazadi, régulièrement cités dans des scandales de corruption ou de conflits d’intérêts.

Pour beaucoup, ces individus représentent davantage un poids qu’un atout pour le président. Leur maintien aux avant-postes pourrait compromettre les ambitions de Tshisekedi de briguer un second mandat et d’assurer une transition politique stable.

Un parti à la croisée des chemins

L’UDPS, autrefois symbole de la lutte pour la démocratie sous la figure tutélaire d’Étienne Tshisekedi, peine aujourd’hui à maintenir son unité et sa réputation. Les dissensions internes, combinées à une série de scandales impliquant ses cadres, ont affaibli le parti sur le plan national et international.

La gestion d’Augustin Kabuya, en particulier, est souvent décriée pour son manque de vision stratégique et son incapacité à rassembler les différentes factions du parti. Si Félix Tshisekedi ne prend pas rapidement des mesures pour restructurer l’UDPS, il risque de voir ce qui fut autrefois un puissant levier politique se transformer en un fardeau électoral.

Un choix stratégique pour 2028

Au-delà des intérêts immédiats, Félix Tshisekedi doit également penser à l’avenir. Pour espérer un soutien populaire et international durable, il doit se désolidariser de ces figures controversées et montrer qu’il est prêt à gouverner avec des personnalités intègres et compétentes.

Cela nécessitera des décisions audacieuses :

  1. Une purge au sein de l’UDPS, pour éliminer les éléments perçus comme nuisibles ou corrompus.
  2. Une reconfiguration des alliances politiques, en privilégiant les partenariats avec des acteurs crédibles.
  3. Une communication claire avec le peuple, pour expliquer les choix difficiles et réaffirmer son engagement envers les idéaux démocratiques.

Le dilemme de Tshisekedi

Félix Tshisekedi est à un tournant de son mandat. Sauver sa peau ne dépendra pas uniquement de sa capacité à faire campagne, mais surtout de sa volonté de rompre avec les pratiques qui ternissent son administration. L’heure n’est plus à la complaisance, mais à une gouvernance exemplaire.

Le temps presse. Si le président Tshisekedi ne prend pas ces mesures drastiques, il risque de voir son mandat être marqué par un rejet populaire et un héritage politique éclipsé par les erreurs de son entourage.

Affaire à suivre.