Par Vincent Carter
Scandale au sein des FARDC : Une lettre explosive dénonce le népotisme et l’incompétence au sommet de l’armée et l’ex-DEMIAP
Kinshasa – Une nouvelle tempête secoue les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC). Une nouvelle lettre accablante, rédigée cette fois-ci par des officiers supérieurs du renseignement militaire, a été adressée au président Félix Tshisekedi, au Chef d’État-Major des Armées (CEMA) et au chef de la Maison militaire. Elle dénonce des pratiques de népotisme au sein de l’ex-DEMIAP (Direction des Renseignements Militaires), sous la direction de son nouveau patron, JR Makombo.
Des nominations familiales décriées
Selon cette lettre, dont une copie a été obtenue grâce à une source proche de la maison civile du chef de l’état, JR Makombo aurait nommé son fils, son cousin et sa fille au sein de son cabinet. Ces individus, décrits comme étant sans aucune expérience dans le domaine hautement stratégique et sensible du renseignement militaire, auraient été propulsés à des postes clés.
Pour les officiers à l’origine de cette dénonciation, ces pratiques constituent “une première dans l’histoire de l’armée congolaise”. Ils soulignent que la nomination de proches non qualifiés compromet gravement l’efficacité et la crédibilité de l’institution militaire.
Une armée en plein désordre
Dans leur lettre, les officiers ne mâchent pas leurs mots :
“Nous sommes encouragés à parler du désordre général des FARDC. Si cela continue ainsi, à quoi bon continuer de défendre et de mourir pour des incompétents qui ne pensent qu’à leur famille ?”
Ces propos traduisent un profond malaise au sein des rangs de l’armée congolaise, où de nombreux officiers se sentent trahis par une hiérarchie qu’ils jugent de plus en plus déconnectée des réalités du terrain.
Un appel direct à Félix Tshisekedi
Le président Félix Tshisekedi, également commandant suprême des FARDC, est directement interpellé par ces officiers. Ils l’exhortent à prendre des mesures drastiques pour mettre fin à ce qu’ils qualifient de “népotisme flagrant” et de “gestion clanique”. Le document pointe également la responsabilité du CEMA et d’autres hauts responsables militaires, appelés à sortir de leur silence face à cette situation critique.
Une crise de confiance au sein des FARDC
Ce scandale intervient dans un contexte où les FARDC sont déjà sous pression, confrontées à des défis sécuritaires majeurs, notamment dans l’Est de la RDC. La crise de leadership, exacerbée par des allégations de corruption, de favoritisme et d’incompétence, risque d’aggraver les divisions internes et de miner davantage la capacité des FARDC à faire face aux menaces qui pèsent sur le pays.
Quelles conséquences ?
Si les accusations portées contre JR Makombo et sa gestion de l’ex-DEMIAP sont confirmées, elles pourraient avoir des répercussions profondes sur l’armée congolaise. Pour les soldats et officiers engagés au front, le sentiment d’être trahis par une hiérarchie préoccupée par ses propres intérêts pourrait engendrer un désengagement dangereux.
Pour l’instant, aucune réaction officielle n’a été enregistrée de la part de la présidence, du CEMA ou de JR Makombo. Toutefois, les appels à une enquête indépendante et à des réformes structurelles se multiplient dans les cercles militaires et au sein de l’opinion publique.
Le président Tshisekedi, qui s’est engagé à réformer les institutions du pays, pourra-t-il rétablir la confiance au sein de l’armée ? Cette affaire, largement perçue comme un test de leadership, pourrait bien définir l’avenir de la gestion des FARDC ou cela risque d’aboutir à un coup d’état.
Affaire à suivre…
Vincent Carter